Entrée de La Bécarie

 

Ce brutal versant sud de la Châtaigneraie, peut être parce qu'il fut longtemps isolé, est resté fort tard un étrange pays du maintien, de la fidélité et du refus.


Refus de la Révolution d'abord, car il s'y déclencha une longue résistance royaliste, une sorte de chouannerie animée par le seigneur de La Guillaumenque, M. de Pélamourgues, appelé Monsieur de Cassaniouze, noble émigré dépossédé de ses biens par la révolution et qui mena une guérilla farouche pour récupérer son domaine entre 1798 et 18001, date à laquelle il fur surpris et tué par les gendarmes à Jalenques et Mourjou.


Refus des mutations religieuses ensuite, cette fois mené par le groupe très curieux des "Enfarinés". Le mouvement naquit et se développa dans le Nord Aveyron et le sud du Cantal en 1801. Un certain nombre d'habitants de la région rejetèrent alors le Concordat qui venait d'être signé entre Bonaparte et le Pape Pie VII.
Ils le jugèrent de trahison et, dès lors, se disant de la "petite église", se coupèrent du clergé de la nouvelle compromission.

Quelques temps, ils eurent leurs propres prêtres, mais quand ils furent sans pasteur, toujours irréductibles, ils se baptisèrent, prièrent, se mirent en terre entre eux, sauvagement à l'écart. Et pour bien montrer cet attachement et leur appartenance au choses du passé, ils continuèrent ostensiblement à se poudrer les cheveux de farines, à la manière de l'Ancien Régime.

Les derniers de ces Enfarinés vivaient encore à Cassaniouze au hameau de la Bécarie en 1911, date à laquelle les derniers survivants firent leur soumission à l'Evêque de Saint Flour qui se déplaça dans leur village pour la circonstance...

 

Pour plus de détail sur les enfarinés, rendez vous sur les sites très fournis de Jean-Francois Souquières >>>

http://www.souquieres.org/chataigneraie/histoire/enfarine.htm
http://cassaniouze.free.fr/enfarine.htm